Maxime Drolet-Gauthier prêt pour ses premiers Championnats du monde
August 5, 2026Lorsque Maxime Drolet-Gauthier s’est essayé au rugby en fauteuil roulant pour la première fois, il n’était pas convaincu que ce sport lui convienne.
Lorsque Maxime Drolet-Gauthier s’est essayé au rugby en fauteuil roulant pour la première fois, il n’était pas convaincu que ce sport lui convienne.
Initié au rugby alors qu’il était encore en réhabilitation suite à sa lésion médullaire en 2013, il a assisté à quelques entraînements à Montréal après avoir été encouragé par sa kinésithérapeute, Annie-Claude.
« J’étais encore en réhabilitation, et j’ai essayé le rugby en fauteuil roulant une ou deux fois », se souvient-il. « Au début, je ne me sentais pas très à l’aise entouré de tant de personnes en fauteuil roulant. Ce n’était pas pour moi. »
Plutôt que de se forcer à continuer, Drolet-Gauthier a choisi d’arrêter de jouer. Deux ans plus tard, il est revenu sur le terrain, cette fois-ci selon ses propres conditions.
Avec le recul, il rend hommage à Annie-Claude pour l’avoir aidé à découvrir un sport qui allait finir par changer non seulement sa vie, mais aussi celle de tant de joueurs montréalais.
« Probablement 50 % des joueurs de rugby en fauteuil roulant à Montréal pratiquent ce sport parce qu’Annie-Claude les y a initiés », explique-t-il. « Elle aime faire découvrir ce sport aux gens, et elle connaît ses bienfaits. »
Ce premier entraînement lui a également permis de rencontrer un athlète de l’équipe nationale et futur coéquipier de l’équipe du Canada.
« Je me souviens que Yanick Racicot était très accueillant et un bon formateur », raconte Drolet-Gauthier. « C’est la première personne qui m’a demandé de revenir. »
Lorsqu’il a officiellement rejoint son club local en 2016, à l’âge de 22 ans, il ne pensait pas à représenter le Canada. Drolet-Gauthier voulait simplement être actif.
« Lors de mes deux premiers entraînements, j’étais très lent. Très lent et pas très habile », raconte-t-il en riant. « Je voulais juste gagner en force. Au fil du temps, j’ai vu que j’avais du potentiel. Je suis devenu un peu plus rapide, et cela m’a donné la confiance nécessaire pour continuer. »
Ses progrès constants ont attiré l’attention de son entourage. Trois ans après s’être lancé dans ce sport, l’ancien entraîneur en chef de l’équipe du Canada, Patrick Côté, l’a invité à son premier stage de sélection en équipe nationale. Mais même à ce moment-là, faire partie de l’équipe canadienne n’était pas un objectif que Drolet-Gauthier s’était fixé.

« Au début, ce n’était pas mon objectif », a-t-il expliqué. « J’étais à l’université, et je voyais Anthony Létourneau s’entraîner pour l’équipe nationale. C’était un engagement énorme. Il s’entraînait sans arrêt, et je n’étais pas prêt pour ça. »
C’est la confiance que les entraîneurs et ses coéquipiers lui ont témoignée qui a progressivement changé sa vision des choses. Drolet-Gauthier considère Patrick Côté, Yanick Racicot, Cody Caldwell et Travis Murao comme des figures clés de son développement, car chacun d’entre eux l’a encouragé à persévérer et à viser le niveau supérieur.
« Ils m’ont dit : “Tu as du potentiel.” Ils n’ont cessé de me dire de continuer à me donner à fond. »
Drolet-Gauthier a intégré l’équipe nationale pour la première fois en 2021, mais comme beaucoup d’athlètes, ses occasions de concourir à l’international se sont limitées à des stages de développement et à des compétitions au cours des années qui ont suivi. Ce n’est qu’en avril 2026 qu’il a fait ses débuts lors d’une compétition sanctionnée par la World Wheelchair Rugby, marquant ainsi son premier grand tournoi international avec l’équipe du Canada. À peine deux mois plus tard, il est revenu sur la scène internationale lors de la Coupe du Canada à Richmond, en Colombie-Britannique.
Aujourd’hui, fort de deux tournois internationaux à son actif, ce joueur de trente-deux ans se prépare pour la plus grande compétition de sa carrière. Les Championnats du monde de rugby en fauteuil roulant 2026 à São Paulo seront son troisième grand événement international et sa première participation à des Championnats du monde.
« C’est une très belle réussite pour moi », a-t-il déclaré. « Je sais que j’ai ma place au sein de l’équipe, mais je sais aussi que j’ai encore beaucoup à apprendre. J’ai hâte de vivre l’expérience que ces Championnats vont m’apporter. »
Tout au long de son parcours, une personne a toujours été une source de soutien indéfectible et l’a aidé à atteindre le plus haut niveau du rugby en fauteuil roulant.

« Mon père… à cent pour cent », a répondu Drolet-Gauthier lorsqu’on lui a demandé qui avait eu le plus d’influence sur son évolution. « Quand j’ai commencé à jouer, il m’menait à chaque entraînement, me prenait dans sa voiture, et au début, quand j’avais encore du mal à me transférer, il m’aidait à chaque fois. À chaque compétition, il m’accompagnait toujours. »
Plus d’une décennie après ses premiers pas dans ce sport, le parcours de Drolet-Gauthier a bouclé la boucle. Ce qui avait commencé par une visite hésitante à une séance d’entraînement locale s’est transformé en une opportunité de représenter le Canada aux Championnats du monde.
Alors qu’il s’apprête à fouler le parquet de São Paulo pour la première fois, Drolet-Gauthier en est conscient qu’il a encore beaucoup à apprendre. Mais après des années de persévérance, de progression constante et grâce à la confiance inébranlable de son entourage, il est prêt à relever le défi.


